Intelligence Artificielle

Support de formation fait avec l'IA : faut-il le dire à vos participants ?

5 min
Une femme assise à un bureau écrit sur une feuille de papier
Une femme assise à un bureau écrit sur une feuille de papier

Le 05/10/2026, OpenAI a annoncé un filigrane pour les textes produits par ChatGPT dans l'Union européenne. Il s'appelle textGrain et il ne se voit pas : pas de mention en bas de page, pas de caractère caché, juste une signature statistique glissée dans le choix des mots. Le déploiement est annoncé « dans les prochaines semaines » (source : billet d'OpenAI du 05/10/2026, repris par ActuIA le 06/10/2026).

OpenAI le présente comme sa réponse à l'article 50 de l'AI Act, qui demande aux fournisseurs d'outils de marquer les contenus générés de façon détectable par une machine. L'obligation s'applique depuis le 02/08/2026, avec un délai jusqu'au 02/12/2026 pour les systèmes déjà sur le marché avant cette date.

Pour un formateur interne qui prépare ses supports avec ChatGPT, la nouvelle a quelque chose d'un peu étrange. Une partie de ses textes portera bientôt une marque qu'il ne voit pas, et que ses participants ne verront pas davantage, puisque le détecteur n'est pas public : OpenAI le réserve pour l'instant à des chercheurs et à des organismes approuvés.

(Au passage, OpenAI est un éditeur américain, et le filigrane ne change rien à la question des données saisies dans l'outil. Si vos supports contiennent des informations internes, l'avis de votre DSI ou de votre DPO reste nécessaire.)

Ce que le filigrane règle, et ce qu'il laisse de côté

Le filigrane répond à une question technique : ce texte est-il sorti d'un modèle ? Il ne dit rien de ce qui s'est passé ensuite. Qui a relu, qui a vérifié le chiffre de la diapo 4, qui a choisi l'exemple. C'est plutôt là-dessus que vos participants vous font confiance.

Dans une salle de formation, la question se pose d'ailleurs plus simplement. Il y a peu de chances que quelqu'un passe votre support dans un détecteur. En revanche, un participant peut très bien vous demander à la pause : « c'est l'IA qui a fait ça ? ». Autant avoir réfléchi à la réponse avant.

Le dire, oui, mais dire quoi ?

Nous n'avons pas de règle toute faite. Une mention du type « support réalisé avec l'aide de l'IA » en dernière page nous paraît honnête, mais elle n'apprend pas grand-chose au groupe. Elle peut même semer un doute : si tout a été généré, qu'est-ce qui a été vérifié ?

Ce qui nous semble plus utile, c'est de dire ce que l'IA a fait et ce que vous avez fait. Par exemple : « Les illustrations de cette partie ont été générées, les chiffres viennent du rapport annuel et je les ai vérifiés un par un. » En une phrase, le groupe sait ce qu'il peut reprendre en réunion la semaine suivante, et ce qui relève de la mise en forme.

Ça oblige aussi à se poser la question pour soi. Quand on n'arrive pas à écrire cette phrase, c'est souvent qu'une étape de vérification est passée à la trappe.

On croise parfois l'idée inverse : retravailler le texte pour qu'il ne « fasse pas IA ». OpenAI reconnaît d'ailleurs que son filigrane peut disparaître après une paraphrase ou une traduction importante. Nous ne conseillons pas cette piste. Elle demande du temps pour cacher quelque chose, alors que ce même temps peut servir à mettre dans le support ce qu'aucun outil ne connaît, comme le cas de votre site ou la question que vos participants posent à chaque session.

Et puis d'ailleurs, pourquoi chercher à cacher l'utilisation de l'IA ?

Le cas des images et des voix réalistes

Il y a un cas où la question ne se pose plus vraiment. L'article 50 prévoit une obligation pour ceux qui utilisent les outils, pas seulement pour ceux qui les fabriquent : quand on diffuse une image, un son ou une vidéo générés qui représentent de façon réaliste des personnes, des lieux ou des événements (ce que le texte appelle un hypertrucage, ou deepfake), il faut signaler que le contenu a été généré ou manipulé. Pour un formateur, cela peut concerner la photo d'un collègue animée pour un module, ou la voix d'un dirigeant reproduite pour une introduction. Un support projeté en interne entre-t-il dans le champ du texte ? Nous ne sommes pas juristes et ne trancherons pas ici. Dans le doute, le dire ne coûte rien, et l'accord de la personne représentée paraît un minimum.

Et la transparence peut marcher dans les deux sens. Si l'on annonce en début de session ce que l'IA a fait dans le support, on peut aussi proposer aux participants de dire quand ils s'en servent pendant un exercice. Sans contrôle ni jugement : simplement pour en parler ensemble, comparer les résultats, et voir ce que chacun a dû corriger.

Comment cet article a été préparé

Puisqu'on parle de transparence, autant appliquer la règle ici. Certains articles de ce blog sont préparés avec l'aide de l'IA, à partir de nos réflexions, de nos notes de recherches, de notre identité, de nos supports et d'une veille hebdomadaire. Le premier jet arrive dans un dossier « brouillon à modifier », jamais directement en ligne.

Les consignes qu'on lui a données sont assez terre à terre : aucun chiffre sans source, aucune citation inventée, aucun propos imaginaire prêté à un participant. Chaque brouillon se termine par une liste de points à vérifier. Ensuite on relit, on reformule, on retravaille ce qui ne nous ressemble pas, ce qu'on ne trouve pas pertinent. La réécriture, la validation comme la publication se font à la main.

Nous préférons cette répartition. L'outil nous aide à mettre en forme et à ne rien oublier, et ce que vous lisez reste sous notre responsabilité et reflète nos analyses, notre identité et ce que nous ressentons.

Est-ce qu'on utilise cette méthode pour chaque article ou communication ?
Non. Parce que nous adorons également partager des points de vue et expériences personnelles de nos formateurs.

On délègue des tâches. Le jugement, on le garde.

Générer, puis assumer ce qu'on projette

C'est à peu près l'esprit de notre formation « Créez des présentations percutantes avec l'IA ». Trois sessions de 3 heures en classe virtuelle, sans prérequis, en intra ou en inter, avec 80 % de pratique. L'IA y est présente tout au long, mais on passe par des étapes indispensables pour bien l'utiliser, comme le design et l'animation. C'est ce qui permet ensuite de « prompter, générer, livrer », avec des outils sélectionnés parmi plus de 80 testés. MYVC est certifié Qualiopi pour ses actions de formation.

Dans votre équipe, les formateurs ont-ils déjà eu l'occasion d'échanger sur la façon de présenter leur usage de l'IA aux participants ? Si le sujet vous intéresse, écrivez-nous à hello@myve.live, on en discute volontiers.

Sources

pour aller plus loin

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